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Une Nuit à l’Opéra, quatrième tête couronnée de la lignée queenienne, née le 21 novembre 1975 par une soirée d’orage dont le monde se souvient. Les astres étaient parfaitement alignés au dessus
du berceau et la petite Nuit à l’Opéra hurlait ses premiers accords que déjà les pâtres du rock accouraient des quatre coins de l’horizon pour célébrer l’arrivée de la divine enfant. Et dans
toutes les chaumières, on se le murmurait : une grande Reine était née et son règne ressusciterait le grain de folie qui a depuis longtemps quitté cette p..... de terre.
Mais poursuivons avec hate notre chronique royale, tel un Stéphane Bern des bacs à sable (bien que dépourvu de la chevelure en choucroute et du sourire niais adéquat) : A Night at the Opera est
un coup de maître qui confirme, à bien des égards, les promesses qu’esquissaient les albums précédents. Aussi, l’album mérite éloges et louanges (ou vice versa). Le groupe y propose une sorte de
synthèse flamboyante de ses précédents opus, mélange d’extravagance, de variété des genres et d’un sens de la mélodie imparable, portés par un usage judicieux des différents instruments, piano,
guitare électrique ou acoustique, chant et chœur, ou basse et batterie sans faiblesse, en y ajoutant le poids d’une expérience grandissante et d’une inspiration débordante : le résultat donne
donc un sacré feu d’artifice.

Queen montre que son talent dépasse largement les contrées du hard rock qu’il survole depuis ses débuts, puisque les parties véritablement hard sont assez peu nombreuses, en définitive : on
notera malgré tout le morceau d’ouverture, le jubilatoirement incisif "Death on Two Legs", règlement de compte en forme de brûlot à l’adresse du manager de leur précédente maison de disque. Où
l’on appréciera le ton impitoyable de Freddie Mercury, qui continue de progresser (« now you can kiss my ass, goodbye ! »). On peut évoquer aussi "I’m In Love With My Car", qui est sans doute
l’une des meilleures chansons interprétées par Roger Taylor, bien que celui-ci ait une approche très premier degré dans sa manière de chanter, pour un morceau qui est doucement ironique. Ensuite,
on trouve également "Sweet Lady", affublé de riffs puissants, mais plus anecdotique comparé au reste des titres (même si les paroles restent tout à fait dans le ton délicieusement décadent de
l’album), et c’est tout. Enfin non : il y aussi le léviathanesque "Prophet’s Song" (8 minutes 20 !), qui parvient à entremêler sens de l’épique, dans son versant hard rock, et sens du déjanté
avec son inénarrable passage d’échos de voix reprises en canon, qui occupe toute la seconde partie du morceau (« listen to the mad Mad mad Mad maAaan… »)une pure boucherie!.

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